PAUL DOUMER (1857-1932 : 75 ans)

 

Né en 1857 à Aurillac, il débuta d’abord dans l’enseignement. Puis l’historien et sénateur de l’Aisne Henri Martin, ami de la famille de sa femme, fille d’un ancien inspecteur primaire de l‘Aisne, le fit venir à Laon et lui confia en 1884 le poste de rédacteur en chef du Courrier de l'Aisne . Fixé à Laon, 36, Boulevard Michelet, Paul Doumer fit une très violente campagne en faveur du parti radical.
Il abandonna le Courrier en 1885 pour fonder un journal plus à gauche : La Tribune de l’Aisne . Il créa ensuite l’association républicaine du canton de Laon. Il fut élu conseiller municipal radical de cette ville le 30 octobre 1885, puis premier adjoint au maire le 12 novembre suivant. Le 25 mars 1888, il se présenta dans l’Aisne, à une élection législative partielle, contre un candidat royaliste et le fameux général Boulanger. Celui-ci, bien qu’ayant obtenu près de deux fois plus de voix que Doumer (45.089 contre 26.850), se désista pour représenter à la chambre le département du Nord, où il venait d’être élu. Doumer fut, par suite, élu au deuxième tour le 8 avril 1888 par 42.244 voix contre 33.444 à son adversaire orléaniste. Mais il fut battu, dix huit mois après, le 22 septembre 1889 dans la deuxième circonscription de Laon (Chauny - La Fère), par le candidat boulangiste Castelin, en même temps que Gabriel Hanotaux, aussi radical, était battu par le comte Cafarelli révisionniste (membre de la droite) dans la deuxième circonscription de Vervins... 
Alors il quitta Laon et devint député de l‘Yonne en 1890. Il le resta jusqu’en 1896, date à laquelle il fut nommé Gouverneur général de l’Indochine. Entre-temps, il avait été ministre des Finances de 1895 à 1896. Il déposa alors un projet d’impôt sur le revenu dont le principe ne devait être accepté qu’en 1917. En Indochine, il développa beaucoup les travaux publics. Le pont principal d’Hanoï à gardé son nom. Il revint en avril 1902 dans l’Aisne et se fixa à Anizy-le-Château où il acquit une propriété. Il fut alors élu député de la deuxième circonscription de Laon (Chauny - La Fère) comme candidat radical. Puis en 1904, il devint conseiller général d’Anizy. Il le restera jusqu’à sa mort.
Mais il devient radical dissident et s’opposent au nouveau parti radical-socialiste dirigé par Combes et Camille Pelletan. Il fait tomber le ministère du premier et se fait élire en 1904 à la présidence de la commission des finances et en janvier 1905 et 1906 à la présidence de la Chambre par les modérés, contre les candidats radicaux-socialistes. Mais en 1906, il ne peut battre le candidat de la gauche Fallières à la présidence de la République.
Aussi, après avoir été réélu député de Chauny - La Fère en 1906, il est battu en 1910 par un ancien boulangiste, car il avait été abandonné par les électeurs radicaux socialistes. Il se fait alors élire sénateur de la Corse en 1912. Il y sera réélu jusqu’à sa mort.
Il est de nouveau deux fois ministre des Finances en 1921-1922 et en 1925-1926. Puis il est élu Président du Sénat en janvier 1927 et Président du Conseil général de l’Aisne le 29 septembre de la même année, Il le reste jusqu’en 1931, année de son élection comme président de la République. Il l’avait été déjà en 1924-1925. En mai 1931, il est élu Président de la République par le centre et la droite, contre Briand, candidat de la gauche. Il est assassiné un an après, le 6 mai 1932.

Il avait eu quatre fils tués en 1914-1918.

Ses Oeuvres sont : Le livre de mes fils, I’Indocliine francaise.

G. DUMAS,

Directeur des Archives